Je vous ai déjà parlé l’année dernière de mon endométriose et des conséquences qu’a pu avoir le diagnostic sur moi. Si vous l’aviez loupé, cf. https://letreensoin.fr/re-connaitre-mon-corps-de-femme. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de comment, depuis ce jour, j’ai réussi à faire de mon cycle menstruel mon allié, essayant de vivre le plus possible en harmonie avec lui, au lieu de lutter contre. Je peux rajouter aussi que mon état de santé global s’est très nettement amélioré, avec la disparition de certains symptômes et la diminution d’autres. Aujourd’hui, je suis comblée de pouvoir dire que, mise à part une petite semaine de fatigue et deux jours de douleurs dans le mois, je me sens bien ! Je me sens bien dans ce corps. Mon corps revit, et donc le tout aussi. Moi, je revis, vraiment ! Pour vous ça peut paraître bien peu, puisqu’il reste ces deux jours et cette fatigue, mais pour moi c’est juste énorme, quand je repense à ce que je pouvais vivre avant sur une bonne partie de mon cycle… Donc même si parfois, pendant ces deux jours, je pleure, et bien je relativise extrêmement vite en retraçant le chemin parcouru, en me disant « mais ce n’est rien, juste deux petits jours ! repose-toi et tout ira bien ! ». Et donc, au-delà de l’endo, je me suis dit que mes différentes « astuces » pour faire de mon cycle un allié pourraient être utiles à d’autres, d’où ce partage ! Ici je ne vous propose pas de « faire comme moi », mais plutôt de piocher ce qui résonne en vous. Bien sûr nous avons toutes des cycles différents, que nous vivons chacune à notre manière. Je parle ici de mes propres observations, de ma propre expérience. Pour vous, des choses résonneront peut-être, d’autres pas, ou pas dans le même sens… C’est tout à fait OK si vous vous sentez différentes dans chacune des phases que je vais décrire pour moi. Prenez-le simplement comme un exemple pour tenter, de votre côté, d’interagir avec votre cycle pour en faire votre allié, avec votre propre cyclicité, votre propre corps, vos propres besoins.

         

          Début de cycle, menstruations…

Mon corps me demande le repos le plus complet. Si je ne respecte pas ça, il me rappelle à l’ordre ! Inflammation, spasmes, crampes, étourdissements, maux de tête et autres douleurs corporelles (et non, pas seulement au niveau du bassin). Donc je m’arrête. Pendant 4 jours par mois environ, j’essaie de ne rien programmer pour être juste avec moi-même, chouchouter mon corps, le laisser se reposer entièrement pour se régénérer au mieux. Quand je ne le fais pas, c’est bien simple : je douille fois mille et mon corps met beaucoup plus de temps à récupérer… Il m’arrive aussi de me planter et de programmer quelque chose (comme ça m’arrive, là, actuellement…) et de devoir annuler à la dernière minute car je ne me sens pas apte. Et là c’est terrible aussi : frustration, culpabilité… Bref, pour s’éviter tout ça, voici ce que je me propose :

  • Je m’arrête et je me repose car mon corps m’y appelle (je me respecte)
  • Je profite de ce temps de pause pour prendre soin de moi (auto-soins, auto-massages, rituels, ou juste dormir, bouquiner…)
  • Je suis à l’écoute totale de mon corps, je médite pour ressentir les bienfaits de mes menstruations dans toutes mes cellules (nettoyage en profondeur…)
  • Je note mes intuitions mais je ne suis pas dans l’action (pour le moment… je laisse infuser)
  • Je suis dans une phase de créativité, donc je m’installe confortablement et je dessine, fabrique, ou bien j’écris (comme aujourd’hui !)

          Phase suivante, post-menstruations, pré-ovulation…

Alors d’abord, je sens mon énergie qui remonte doucement. Si je me suis bien reposée pendant mon début de cycle, normalement c’est cool ! Sinon, c’est long, la fatigue reste et le moral est ras les pâquerettes. Je reprends mes activités petit à petit, en douceur. Et ensuite, je passe à la vitesse au-dessus, mon énergie remonte vraiment bien et je me sens de nouveau très sociable, enjouée… Et donc pendant cette période, je vais plutôt :

  • Me remettre au travail à un rythme « normal »
  • Accomplir les « tâches » que j’ai laissé de côté pendant les menstruations (genre la tenue de la maison (merci mon amoureux qui gère tout quand il est à la maison pendant ma phase de menstrues !) et l’administratif, par exemple…)
  • Mon état d’esprit a tendance à être assez ambivalent pendant cette période, donc j’accueille, j’accepte, je me donne de l’amour… (ça me permet d’éviter l’auto-sabotage !)
  • Si j’ai du mal à remonter en énergie, je prends plus de pauses, pour que la transition se fasse en douceur

          La phase du big love, l’ovulation

Et oui, du big love ! Alors là ça y est, je suis au taquet. Ça fuse dans tous les sens, je peux bosser comme une dingue avec une énergie de folie. En gros, pendant cette période, j’ai l’impression que je peux faire à peu près tout, sans difficulté ni fatigue. Bonheur ! Je suis in love de moi et de tous/tout ce/ux qui m’entoure/nt. Je me sens à jour dans tout, je programme, je suis présente, je renforce mes connexions aussi. Je me sens hyper intuitive, je peux mettre en place des projets qui ont infusés un bon moment. Parfois pendant ces mises en place d’autres intuitions viennent, je note ce qui vient, des actions à mener ou des pistes à creuser pour la suite. Et waw, je vais bien, mon corps est en plein kiff, peu de ressentis douloureux, mon corps se sent super « opérationnel » pour la vie quotidienne. Alors là, je suis plutôt dans ce mood :

  • Sociabilité : soin des autres, écoute, conseils, partages, accueil, mise en avant… (bon moment pour créer du lien !)
  • Bonne période pour passer à l’action, dans la joie d’être pleinement soi-même et la joie de faire avec tous ses potentiels (concrétisation des projets)
  • Profiter de l’énergie à son apogée pour faire tout ce que j’ai envie de faire, en fait !

          La pré-menstruation, fin de cycle…

Aaaah ! Baisse d’énergie en vue ! Parfois en une seule et même journée, je la ressens. Pump it up le matin, chafouin l’après-midi ? Que pasa ? Et bah mon corps, après ce formidable pic hormonal, se prépare à sa chute imminente. Il ressent bien que les hormones seront bientôt à plat, et déjà il m’invite au repos avant de passer à l’autre cycle. Alors je ralentis tranquillement, je fais moins vite, des choses différentes. J’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé, cette phase d’entre deux où je sens mon énergie qui descend, descend, descend encore. Mais pour ne pas me laisser abattre par cette phase, voilà ce que je peux faire :

  • Je fais gentiment, à mon rythme, les choses que j’aimerai faire pendant mes menstruations, pour me laisser plus de temps pour moi ensuite (je prépare à l’avance)
  • Je retourne dans une phase de créativité, donc je reprends doucement les pinceaux, crayons, bâtons, fils, etc.
  • Avant, je me laissais « manger » (ah oui, c’est aussi une phase où j’ai très faim ! Je passe d’un repas par jour à deux) par des émotions lointaines et autres coups de blues (dévalorisation à l’extrême). Maintenant, j’accueille plus facilement et je me donne aussi beaucoup plus d’amour, et cette phase « moral dans les chaussettes » passe beaucoup mieux, beaucoup plus rapidement.

         

          Des pistes pour vivre au mieux avec son cycle menstruel

Voici quelques « astuces » qui fonctionnement très bien pour moi. Encore une fois, cela ne veut pas dire que ce le sera pour vous. Mais laissez-vous guider par ce qui vous parle, ce qui vous paraît juste avec votre propre vécu, puis expérimentez…

  • Mes mélanges de plantes : quatre pots différents, un pour chaque phase, avec mes plantes-amies !

Menstruations (hormones au plus bas) : Achillée Millefeuille (crampes), Framboisier (spasmes, crampes), Reine des Prés (anti-inflammatoire, dépurative, antalgique), Camomille (migraines, foie, digestion, anti-inflammatoire), Armoise (régulation du cycle, flux sanguin, foie, calme), Pissenlit (en cas de maux de tête), Ortie (en cas d’étourdissements). Le gingembre et le curcuma sont aussi mes meilleurs alliés, tous deux anti-inflammatoires, et tellement délicieux. Le lin peut aussi être mon ami, pour éviter la fameuse constipation en fin de menstrues.

Pré-ovulation (ou phase folliculaire) : Ortie (fer, magnésium et alcalinisante pour vitalité et équilibre), Camomille (système nerveux, calcium, digestion, anti-inflammatoire, calme), Romarin (stimulant nerveux et circulatoire, bon pour concentration et mémoire)

Ovulation (pic hormonal) : Trèfle rouge (douceur, nutritive, alcalinisante), Rose (cœur, douceur, euphorie, joie), Sureau (drainant, diurétique), et encore le gingembre, pour la circulation et le bassin.

Pré-menstruation (ou phase progestéronique) : Romarin (foie), Mélisse (digestion, apaisement, antivirale), Pissenlit (transition, diurétique, digestion, évacuation de la bile donc contre l’irritabilité), Achillée Millefeuille (hépatique, progestéronique, fébrifuge, crampes et saignements), Framboisier (nutritive, tonique utérin, minéraux, crampes), Thym (digestion, concentration, fatigue, antiseptique et anti-inflammatoire), Lavande (stress, migraines, digestion, étourdissements)

  • L’alimentation anti-inflammatoire et le jeûne intermittent

Entrée dans ma vie peu après mon diagnostic, elle a pris définitivement place depuis ce début d’année. Et ô combien je me remercie pour cela. Comment vous dire… Je revis. Mon corps a enfin ce dont il a besoin, simplement. Ce n’est pas un régime restrictif, loin de là, mais on doit apprendre à cuisiner différemment car il vient retirer certains aliments « habituels » de nos placards, facilement remplaçables par des tas d’autres délicieux (parole de gourmande !). En gros, éviter les perturbateurs endocriniens (plastiques, eau traitée, conservateurs, additifs, sucres raffinés, colorants etc., etc., liste longue comme le bras ! éviter les produits transformés), les aliments riches en graisses saturées (viande rouge, charcuterie, que j’ai choisi de quasi éliminer pour n’en manger plus qu’occasionnellement, le beurre, la crème, le fromage (lait de vache), les sucres rapides, le gluten (tellement d’autres farines avec lesquelles s’amuser en cuisine !)… Privilégier donc les verdures foncées, les légumes amers, les algues, les végétaux phyto-oestrogènes, les fibres, les brassicacées… Adopter les omégas 3 (amandes, noix, poissons gras type sardines, maquereaux… huiles végétales… par exemple, pour avoir ma dose quotidienne car je n’utilise pas ces ingrédients chaque jour, je prends chaque matin une cuillère d’huile de lin !), les vitamines (fruits et légumes variés et bio), les anti-inflammatoires naturels (encore et toujours le gingembre et le curcuma…). On pourrait écrire un bouquin sur ce type d’alimentation, mais ça a déjà été fait et par des gens qui s’y connaissent bien, donc si ça vous parle vous trouverez forcément des infos !

Et donc, idem pour le jeûne, vous devriez trouver de plus amples informations si vous vous y sentez appelés. En fait, je ne mange qu’un repas par jour (le soir), et je ne savais pas que c’était une forme de « jeûne intermittent ». Donc je le pratique de façon naturelle, simplement en écoutant mes besoins, depuis plusieurs mois maintenant. Et c’est très récemment que j’ai fait le lien avec mon changement d’alimentation. Je suppose donc que, comme je mange désormais uniquement ce que mon corps peut supporter et tout ce dont il a besoin, un unique repas quotidien lui suffit ! Le reste du temps, il travaille à sa régénération. Tout ça a fait que j’ai perdu pas mal de poids, progressivement. J’avais déjà commencé avant, simplement en acceptant d’être comme je suis (je n’ai jamais fait de régime), en donnant tout l’amour dont avait besoin mon corps. On se le rend bien <3

  • Les petits « plus » qui me font du bien

J’ai entamé la gemmothérapie du Cycle (framboisier, camomille, vigne, marjolaine, viorne, basilic) l’année dernière et j’y ai ajouté, sur conseil de ma naturopathe, des gélules de plantes (achillée, hamamélis, gattilier, chardon marie, zinc, B6), à prendre du 12e au dernier jour du cycle.

J’ai un champ de Fleurs aussi à la maison. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un tapis d’acupression où se trouvent plein de petits pics en forme de fleurs… Ça stimule certains points dans le dos pour venir activer la circulation sanguine, relâcher les tensions, détendre les muscles… Je reste minimum une vingtaine de minutes dessus et ça fait vraiment beaucoup de bien.

Pour les douleurs côté poitrine, je me suis fait de l’huile de rose pour me masser, et c’est le top.

Je fais des « étirements » de façon assez intuitive. Et j’ai découvert en début d’année le Yoga de la Femme, que j’apprécie énormément, pour le moment que je m’accorde et pour ses bienfaits. J’essaie de m’offrir au moins une séance par mois, de préférence juste avant les menstruations.

Et en cas de symptômes douloureux, j’ai encore pleeein de petits trucs qui font leur effet !

Je mélange des huiles essentielles à de l’huile végétale pour me faire des massages au niveau du bas-ventre et du bassin. La bouillotte est ma meilleure amie. J’adore jouer du bol sur mon utérus, ou simplement écouter des sons binauraux (mais quand même, MA musique calmante des menstruations, ça reste « The Secret Kissing of the Sun et Moon » des Hang Massive…). Et méditer, respirer, sont aussi des meilleurs des « petits trucs » !

Et pour être encore un peu plus « sorcière », je me fais des auto-soins avec l’énergie qui vient se poser sur le moment (bien souvent des énergies féminines…). Et je ritualise énormément avec mon cycle, notamment avec les Cercles de Femmes, mais aussi de façon très individuelle et en lien avec la Terre, où je dépose mes plantes une fois infusées et utilisées, ainsi que mon sang menstruel une fois écoulé, comme une offrande. Il m’arrive aussi de ressentir le besoin de connecter plus avec ce « sang », de le toucher ou de peindre avec, pour en ressentir toute la puissance et la force. En début d’année j’ai aussi reçu la visite en méditation de mes grands-mères et des femmes de ma lignée, qui me poussaient à découvrir un peu plus leurs histoires. Ce que j’ai fait, en posant les questions justes à ma mère. Les renseignements qui m’ont été donné à ce moment ont été d’une grande aide dans la compréhension de certains de mes maux, et cela a probablement eu aussi un impact fort sur l’amélioration et la disparition de certains symptômes. Sans aller aussi loin, il n’y a pas de secret, il est toujours nécessaire de savoir plonger en soi, et d’accueillir toutes les parts de soi… Même si ça peut demander du travail ! 

 

          Voilà une ébauche de mon cycle, mon allié ! Si vous souhaitez vous aussi faire de votre cycle votre allié, mais que vous ne savez pas pour où commencer, je vous propose l’au-to-ob-ser-va-tion. L’auto-observation, pas de secret ! Simplement apprendre à se connaître, et à co-naître aussi. Si vous aviez loupé le coche, voici quelques pistes déposées dans cet article : https://letreensoin.fr/la-cyclicite-invitation-a-lauto-observation. C’est le récapitulatif d’un live Facebook dont vous pourrez retrouver la vidéo ici, si vous préférez ce format : https://www.facebook.com/letreensoin/videos/176884350259450/ (encore désolée pour le flou du début, c’était mon tout premier live haha).

Je nous souhaite, à toutes, de formidables cycles ! <3